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Merci de suivre : www.lesnavigationsdelucos.com |
J'ACHETE
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Qimmiruluapik, Qimmiruluapi, Qqimammami, Himaami, Havavavahi, Havavahi, Hanhaini |
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Lundi 30 juillet 04.30 H
Départ pour le détroit de Béring à 3500 km. |
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Un des problèmes auquel que je vais être confronté durant cette traversée va être de vous montrer de belles photos. La côte est très plate, pas de montagnes, pas de glaciers, pas d'icebergs. Pendant cette première partie, je longe une sorte de dune monotone, pas de végétation, très peu d'oiseaux, pas de baleine... rien à voir ! 18 heures de barre par jour à regarder défiler ce genre de terre, 700 km de monotonie. A 22.00 heures je stoppe le bateau : en panne, à la dérive en essayant soit, de ne pas trop faire de route en sens contraire soit si possible, gagner quelques km dans le bon sens. Je fais le point, la cuisine, je mange et dodo. Le réveil sonne toutes les heures pour contrôler et rectifier la dérive. A 04.00 heures, après le petit déj' je remets en route jusqu'au soir. Rarement vu une navigation aussi peu intéressante. |
En plus, vous savez quoi ?
après 4 jours de route, je n'ai même pas vu un morceau de
banquise. Plus rien, tout dégelé, même pas un petit bout
pour mettre dans le rhum arrangé que m'a offert Sophie. Si
je reviens sans photos de banquise, je vais avoir l'air de
quoi ? Autant naviguer en Méditerranée, au moins il fait
chaud. |
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Je remonte Dolphin and Union strait et traverse par le sud le golfe d'Amundsen. |
ULUKHAKTUK |
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Vendredi 03 août |
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Je reçois beaucoup de mails et je vous en remercie. J'ai pour habitude de répondre à chacun personnellement mais cette saison je fais une exception : pas suffisamment de connexions, trop de route et beaucoup de temps passé à étudier météo et cartes des glaces. Merci et milles excuses. |
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Jess et Chris naviguent à bord d'un voilier de 9,50
mètres à gréement de jonque. Ils sont Australiens. Nous nous
sommes croisés de loin l'an dernier au Groenland puis
retrouvés à Ukaluktutiak. Ils ont hiverné le bateau sur la
plage à 500 mètres de Roxane. Ils sont rentrés à Sidney pour
l'hiver. Nous sommes partis le même jour et nous nous
retrouvons de temps en temps au même mouillage. Le contact
est gardé par radio ou iridium. |
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Dimanche 05 août Départ pour le cap Parry à 300 km |
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La traversée est molle, peu de vent, beaucoup de moteur, pas de glace, rien d'intéressant. Il a plu une bonne partie de la journée, temps gris et bas. J'aligne les km sans réfléchir. Le paysage est monotone, je m'ennuis. |
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Roxane au mouillage au cap Parry |
Ballade à terre. Pas d'oiseaux, pas de végétation, que des cailloux. |
Ce rocher, au large du cap n'est marqué sur la carte, pourtant il se voit de loin. |
Cap Parry |
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Mardi 7 août. 05.00 H Entrée en mer de Beaufort |
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Le cap Parry est rapidement
doublé. Le vent m'amène d'un bord jusqu'au cap Barthurst :
je rentre dans la mer de Beaufort, haut lieu de la pêche à
la baleine au XIXème. De dire que le paysage est monotone
n'est pas un vain mot ! Je longe cette terre pendant plus de
200 km, c'est long. Je n'en vois pas la fin. Le temps est
gris, bas, il bruine et de temps en temps il pleut. Une fois
passé le cap, un gros courant de face me ralentit, le vent
est également contraire avec une grosse houle croisée
désagréable : je dois me bagarrer pendant 30 heures pour
rallier Tuktoyaktuk. Quand le courant est trop fort je
tourne au moteur. |
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Jeudi 9 août. 05.30 H Après 2 journées de navigation lamentable j'amarre Roxane à quai à Tuktoyaktuk. Northwest Territories et dernier village canadien sur la route. |
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Roxane au ponton visiteur.
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Il y a très peu de monde au
village en ce moment : c'est la saison de la chasse aux
caribous. Une bonne partie des habitants sont sur les
terrains de chasse. |
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Le dernier coiffeur a également mis la clef sous la porte. Toutes les ouvertures sont condamnées. |
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5 jours d'arrêt pour cause de baston contraire, pluie et grains. Des flaques d'eau et de la boue partout. De nombreux locaux viennent parler un moment avec moi. |
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Merven, le maire du village
me fait la visite de Tuk. Son grand père a monté une
entreprise de transport en 1920. A l'époque il utilisait des
chiens et des traîneaux. La route est ouverte seulement 4
mois par an, elle relie Tuk à Inuvik, 300 km. C'est une
route de glace tracée sur le fleuve Mackenzie de décembre à
Mars. En été il utilise des barges poussées par un
remorqueur. Depuis Inuvik, une piste relie la ville au
Canada et c'est la seule route qui rejoint l'océan arctique
à l'intérieur du pays. |
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J'apprends que le Mackenzie est le 3ème plus long fleuve du monde. Le danger va venir de la traversée de l'embouchure de ce fleuve, large de 200 km, qui charrie des énormes troncs d'arbres et branches en quantités importantes. Par contre, pas de glace car l'eau est plutôt chaude. Peut être plus tard dans l'entrée du détroit de Béring. Encore 2000 km à parcourir. |
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Mardi 14 10.00 H |
Départ en direction de Herschel Island qui marque la fin du Canada et l'entrée en Alaska USA. |
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Encore plus dangereux que
la glace, les troncs d'arbres. De la même couleur que l'eau
boueuse du fleuve, il est impossible de les apercevoir à
plus de quelques mètres. Toute la nuit je veille et je joue
à la roulette russe. Le seul signe annonciateur est les
pétrels arctiques qui se reposent sur les branches : en
apercevant le bateau elles s'envolent en piaillant. |
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Mercredi 15 août 15.00 H
Escale à QIKIQTARUK, nom local de l'île. |
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Le bœuf musqué. Habitant ancestral des terres arctiques. Bien qu'il a un look de bison il est de la famille des chèvres, 500 kilos de muscles et de carcasse rustique, plus le cuir et les cornes. Je l'ai pisté pendant un bon moment, il remontait un vallon, et me suis caché derrière un talus. Arrivé à mon niveau, il a brusquement tourné à angle droit et il se dirigeait droit sur moi. Quand il m'a vu il était à cinq mètres de moi. De nous deux c'est lui qui a eu le plus peur : demi tour et il s'est enfuit. Sur ce coup là, j'ai eu de la chance, il a la réputation de charger. Olé !
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Vendredi 17 août 07.00 H Départ de QIKIQTARUK sous un soleil magnifique, mais pas pour longtemps... |
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Un brouillard épais me tombe dessus. 18 heures avec une visibilité réduite à quelques mètres. |
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Un exemple du problème de la traversée de l'embouchure du Mackenzie : 10 mètres de long, 40 cm de diamètre et surement plus d'une tonne. Si je le tape, la sanction est sans appel. |
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Une fois passé l'effet Mackenzie, un contre courant rapproche la banquise. L'eau s'est refroidie et la mer se couvre de fragments de banquise. Le pack solide, qui ne dégèle pas de l'été, est à seulement quelques km. Les vents et les courants font dériver de grandes plaques de glace. Je vais devoir trouver le chemin libre entre banquise et terre. Il reste 600 km à parcourir le long de la côte nord de l'Alaska, jusqu'à la pointe nord-ouest et l'entrée du détroit de Béring. A ma gauche, les montagnes enneigées et à ma droite, la banquise.. |
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Je longe l'île Spit, une centaine de mètres de long, très plate, proche de la terre. J'aperçois un ours polaire, puis deux, cinq et finalement une dizaine. Je mouille sous le vent et avec l'annexe je m'approche le plus possible. Pendant deux heures je les observe, ils ne sont pas farouches, mais je garde mes distances. Il y a des males, des femelles et des petits. Ils ont l'air de bien s'entendre en eux. L'été n'est pas une bonne saison pour eux : pas de banquise, pas de chasse aux phoques. |
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Samedi 18 août
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Au vu de l'état souvent délabré des églises, les Inupiats comme les Inuits n'ont pas l'air de vouer un culte démesuré au grand créateur. |
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Dimanche 19 06.30 H |
Départ de Kaktovik. Navigation molle et mouillage à Nalwhal
Ilsand à 20.00 H. |
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Pas beaucoup d'oiseaux en mer de Beaufort, pas de poissons non plus. |
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Mardi 21 août |
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Le patron ici c'est l'ours
polaire. Il y en a de partout. Il passe l'été sur des bandes
de sables en attendant le retour de la banquise. La trace de
leurs pattes est énorme. Il est curieux, (et affamé) et il
nage très vite. Il peut changer d'îles en quelques minutes
et surprendre : il est, paraît il, très bon à la chasse à
l'affut. |
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Jeudi 23 août 06.00 H |
Il y a de belles journées, il
fait chaud, grand beau et petites brises qui me permettent
de sortir le spi et d' aligner de bonnes moyennes. La brume
tombe sans prévenir et l'angoisse me submerge : où est la
glace, où est l'entrée de la passe ? Les cartes ne sont pas
fiables du tout, les sondes de profondeurs non plus. |
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La bonne nouvelle nouvelle vient du pilote. Je suis sorti progressivement de la zone de turbulences magnétique. Après formatage et calibrage de l'unité de commande, j'obtient un résultat correct. |
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2 fois par jour se pose la
même question. Invariablement à midi et le soir vers 20.00
H. Qu'est ce je mange ? D'habitude j'ai le choix entre pâte
ou riz, au beurre ou l'huile d'olive. Mais cet été, à bord,
c'est gastro tous les repas. Confit d'oie ou de canard ?
Saucisses poulet ou merguez ? ou alors jarret d'agneau !
Accompagnement, de toutes façons c'est : pâte ou riz, jamais
les deux en même temps. Excellent, haute qualité. Et pour le
moral du patron, rien de mieux qu'un bon repas. |
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Depuis 3 jours : brume. |
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Je finis par
m'habituer aux rues perpétuellement boueuse
des villes de l'arctique. Bottes en caoutchouc de rigueur,
suffisamment hautes car certaines flaques de boue sont
profondes. |
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Dans le passage du
nord-ouest, Barrow Point est un cap essentiel. Jusqu'à
présent, j'avançais plein ouest. A partir de là, je tourne à
gauche et descends plein sud. Le prochain port est Nome,
destination finale à 1300 km, environ 6 jours de mer. Encore
un peu de glace autour du cap et après la mer est
entièrement libre. Les nouveaux obstacles vont être les
cargos et les pêcheurs en grands nombres. J'attaque la
descente du détroit de Béring par le nord. Passé le cap
Barrow, je quitte la mer de Beaufort et entre dans la mer de
Choukchi. Dans quelques jours je navigue en mer de Béring. |
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Vendredi 24 août Stand by |
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6 jours et nuits au mouillage dans Barrow Point Lagoon à attendre une bonne fenêtre météo. Le 1er jour il a plu, le 2ème il y a eu du brouillard, le 3ème il ya eu une grosse bruine toute la journée, le 4ème jour, la brume ne s'est pas levé, le 5ème jour, la météo locale annonçait de la neige, le 6ème le ciel était gris foncé et très bas. Je n'ai vu personne, pas un oiseau. J'ai essayé de pêcher : rien. La température de l'eau est à 2°C, en extérieur, la nuit le thermomètre descend à 1° C. Pour vos prochaines vacances, je vous conseille fortement : Barrow Point Lagoon. |
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Jeudi 30 août 05.30 H |
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Monsieur Grib prévoit au moins 5 jours de vent portant sur toute la zone : 20 à 35 nœuds. Ca va être sportif . Nome est à 1300 km. |
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Dans la journée le vent monte, la houle se creuse. Le courant est fort et il croise la vague. Je vais passer 48 heures à me faire secouer dans les sens. Il y a 3 mètres de creux et des déferlantes dans tous les sens. Pas très agréable à vivre mais au moins j'avance vite. Il fait froid, presque 0° C la nuit. |
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Samedi 01 septembre 14.00 H |
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Je double le Cap Hope. Je
viens d'aligner 600 km à donf, sur le même bord. Mis à part
le navire de l'US Coast Guard, au départ, je n'ai croisé
aucun bateau. Je me suis tenu à l'écart du rail. D'un seul
coup le vent tombe. Le courant me remonte dans le nord. Je
mets en route le Perkins. |
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Dimanche 02 septembre 02.00 H |
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Roxane franchit le cercle polaire : je ne reverrai probablement plus le soleil de minuit. La journée est belle et ensoleillée, presque chaude. Après quelques heures de moteur je descends de nouveau sous spi. |
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Dimanche 02 septembre 02.00 H |
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Je franchis le cap du Prince of Wales qui marque le passage du détroit de Béring. J'aperçois les îles Diomèdes, la petite et la grande, au milieu du détroit. Après c'est la Russie. Je me déclare officiellement : Passager du nord-ouest. |
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Toute la nuit le vent tape fort : 30/35 nœuds, portant. Il pleut, la visibilité est très réduite. |
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Lundi 03 septembre 18.00 H |
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Toutes les photos prises de l'extérieur du bateau viennent de Jess et Chris à bord de Teleport. |
Lucos à bord de Roxane rentre dans le port de Nome. Je suis le 10ème marin
français à franchir le passage du N-O. |
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Plus de détails dans les jours qui viennent... |
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