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Je profite de cette page pour remercier la famille Ricard qui m'a permis d'installer mon camp de base sur l'île de Bendor.

 

 

 
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Le récit de cette aventure paraîtra en janvier 2015

Lucos Édition
 lucos73@hotmail.fr
www.lesnavigationsdelucos.com
Carnet de voyage n° 01
N° d’édition : 15.00.01.01
I.S.B.N. : 978-2-9544437-2-0
Prix : 18 €

 


Je remercie sincèrement la famille Paul Ricard de m'avoir accueilli.

 

Au cours de ma première saison j'ai l'occasion de rendre visite à des amis logés sur l'île de Bendor. J'amarre le voilier le long du petit quai, sous le panneau :
" PORT PRIVE STATIONNEMENT INTERDIT ".
" Je viens voir Babette et Fred, je ne reste pas longtemps ! " Sans m'en rendre compte, je venais de trouver le port idéal pour installer mon camp de base. Les locaux, pour la plupart employé de S. A. Ricard, sont d'une gentillesse remarquable. Je reçois de l'aide de chacun et garde un souvenir ému de ses douze saisons sur passées l'île de Bendor.

 

Une à une, j'enlève les étiquettes de toutes les boites de conserve et, au marker j'inscris leur contenu : le papier se décolle avec l'humidité et il devient impossible de reconnaître la boite. De plus, ce papier mouillé est excellent pour boucher les pompes de cale !

 

Prévoir pour une année complète d'autonomie n'est pas une mince affaire. Pâte, riz, farine pour faire du pain, légumes et fruits en conserve, biscuit, chocolat, PQ... Pharmacie, livres, outillage et divers matériels de rechange, un jeu de voiles neuves, des cordages de secours, les cartes marines, les instructions nautiques, matériel photos, sécurité et survie... Pour l'eau douce j'embarque un dessaleur à main mais je compte beaucoup sur la récupération d'eau de pluie. Babette Coquelle et Frédérique Julien me donnent un sérieux coup de main.

 

Dimanche
6 septembre 1992

J'en rêvé depuis des années,
le jour du départ est arrivé.

Tous mes amis sont là pour m'accompagner. La veille au soir nous nous sommes retrouvés dans la villa de Babette et Fred pour un bon apéro et un barbecue bien arrosé. L'air grave et préoccupé que je dégage est du, en grande partie, à une bonne gueule de bois. La dernière avant longtemps !

 
 

La manière dont certains de mes amis me souhaitent " bon vent et au-revoir ", me donne à croire qu'ils sont persuadés de ne plus jamais me revoir. L'adieu ultime. Je ne m'en apercevrai que plus tard, les gens qui m'accompagnent sont plus graves que moi. Ne vous méprenez pas, je ferai le maximum pour revenir et ceci ne fait aucun doute (!)

 

 

14.30 heures.  Les derniers liens qui me relient à la terre sont largués. Mes amis restent sur le quai, " Le Furieux " s'éloigne. Devant moi, une route longue de 50 000 kilomètres parsemée de pièges en tous genres. Des tempêtes, des déferlantes, des calmes plats, du chaud et du froid, de l'humidité, des déluges de pluie m'attendent à tous moment. Tout cela, je le sais, mais je veux le vivre et c'est pour ça que je pars.

 

 

Rencontre avec les globicéphales, sorte de gros dauphins, gardiens de la sortie de la Méditerranée.

Je rentre dans le détroit de Gibraltar. Depuis ce matin le vent est revenu, le bateau marche bien, génois tangoné. Demain je navigue dans L'Atlantique.

 

 

Dans ce prologue méditerranéen, Eole n'a pas été généreux. Je bataille plus de 10 jours, avec de petites brises instables, voir pas de vent du tout. Je crois que je viens de battre mon record de distance sur 24 heures : 6 kilomètres ! Le Danger, dans cette zone est le trafic maritime. Des cargos en tous genres entrent et sortent en permanence, de nombreux ferry font l'aller-retour avec l'Afrique du nord, des pêcheurs chalutent sans direction précise et au milieu de tout ça il y a quelques plaisanciers.

 

 

Les alizés du nord-est me poussent gentiment dans le sud. La température monte de jour en jour et je me retrouve rapidement en petite tenue. Le climat tropical, chaud et sec, est agréable. Le vent régulier me laisse du temps libre. Je récupère des heures de sommeil en retard, lecture, farniente, sieste sur le pont. La zone est poissonneuse et je mange au choix : coryphène, thon, maquereau attrapés à la ligne de traîne. Pour les poissons volants, il suffit de les ramasser sur le pont ; un matin, dix ont atterri sur le pont ! Les îles Canaris, puis celle du cap Vert défilent sur ma gauche. Gagner dans le sud est ma préoccupation. L'aventure est en marche.

 

Ce déluge d'eau douce me permet de remplir les réservoirs. Je ne me suis pas lavé depuis le départ, un mois déjà, et la première douche est un vrai bonheur, une douche à l'eau chaude ! Je fais également la lessive et pour la sécher, j'attends quelques jours le retour du soleil.

 

 

Vendredi 9 octobre.  L'alizé du nord-est s'essouffle laissant place au Pot au noir. J'approche de l'équateur. La chaleur est étouffante, humide. Sous les grains, la pluie tombe en trombe, de violentes rafales de vent déboulent de toutes les directions sans prévenir.

 

Jeudi 15 octobre.  La ligne est franchie. " Le Furieux " fonce dans l'hémisphère sud propulsé par l'alizé du sud-est. Je commence peut être à avoir la tête en bas et les pieds en l'air mais je garde la tête froide et les pieds sur terre.
Jusqu'à hier midi, pour regarder le soleil, je me tournais vers le Sud. Dorénavant, je me tourne vers le Nord ! C'est la seule différence technique notable que je constate en franchissant l'équateur.
L'alizé est parfois violent sous les grains. La grand-voile est souvent réduite à 3 ris et le génois en rapport. Le soleil n'est plus aussi chaud, l'air devient plus humide. L'aventure semble prendre une tournure plus engagée : je suis venu jusqu'ici pour cette raison et le moral est au sommet.

 

 

Le cap de Bonne Espérance est doublé, loin au nord. La marche d'approche est terminée. Les choses sérieuses ont commencé et déjà deux tempêtes m'ont donné un aperçu de ce qui m'attend pour les cinq mois à venir et les 30 000 kilomètres à parcourir jusqu'au cap Horn. Enfin, dans le vif du sujet ! Je découvre l'océan Indien sud avec sa longue houle, ses tempêtes, sa solitude... et je n'en mène pas large. Mon fidèle canot ouvre sa route dans les 40ème rugissants et les 50ème hurlants.

 

 

Afin de m'acclimater en douceur, je me maintiens en bordure du 40ème parallèle sud. Si le temps est trop mauvais je pourrai m'échapper rapidement dans le nord. La première tempête australe me tombe dessus. J'applique les techniques basiques de navigation : je réduis la voilure sans attendre trop, je modifie légèrement la route afin que la houle me rattrape sous le meilleur angle possible. J'économise la mécanique. A l'intérieur, tout est bien arrimé et je reste vigilant. J'apprends.

 

 Par liaison V.H.F. je communique avec la base et le radio envoie un fax en France pour rassurer ma famille.

 

Vous tracez une ligne droite entre Le cap de Bonne Espérance et le cap Leewin et en plein milieu vous trouvez les îles Amsterdam et St Paul (inhabitée). Deux petits cailloux perdus dans l'océan Indien faisant partie des Terres Australes et Antarctiques Françaises. Sur Amsterdam vivent quelques scientifiques ravitaillés deux fois par an. C'est pour cette raison que je fais un sérieux détour. Je tente un mouillage mais la baie est agitée et profonde, le moteur est en rade, comme d'habitude. J'abandonne l'idée de faire un bon repas à terre et repars au large.

 
 

 

L'été bat son plein et si je veux du vent, je dois descendre dans le sud. Rapidement la baston fait un retour en force. Le vent monte, les vagues se mutent en houle qui grossit et finalement déferlent. C'est parti pour vingt heures de combat en ciré et bottes trempées.

 

 Le pilote automatique fait ce qu'il peut mais il le fait 24/24 sans se plaindre. Je me dois d'être tolérant avec ses écarts de route.

En fin de nuit je suis réveillé en sursaut par un grand " Clac ". Le mat répercute l'onde de choc à travers la coque. A ce niveau sonore c'est forcément grave. L'étai, l'enrouleur et le génois ballottent au gré du roulis. Je grimpe au sommet du mat et constate la casse de l'attache qui relie l'étai au mat. L'ensemble ne tient plus que par la drisse du génois qui commence à se cisailler. Il est impératif de tout descendre sur le pont. A quatorze mètres au dessus de l'eau l'amplitude du roulis est énorme, les coups de rappel terribles ; je redescends plein d'hématomes et une envie de vomir me terrasse. Je tente de remplacer l'étai par un des deux pataras mais malgré un travail acharné la nuit me surprend trop tôt, le vent monte. Une nouvelle tempête approche. Au petit matin, tout le gréement tombe à l'eau. Câbles et cordages sont sectionnés rapidement. L'ensemble coule à pic.

 

Rapidement je m'organise et prends la décision de relier au plus court la côte sud de l'Australie distante d'environ deux mille kilomètres. Je ne suis pas inquiet. La coque n'a pas souffert du démâtage, l'eau et la nourriture ne manquent pas et en remontant vers le nord le climat va s'améliorer. Sous gréement de fortune le bateau avance lentement mais toutes les directions ne sont pas envisageables. Le port visé est Perth mais en m'approchant de la côte le vent refuse et un courant marin me déporte vers l'est. Je n'ai pas d'autre choix que celui d'aller là où les éléments naturels me poussent. Ma vie de naufragé s'organise et durant ces quatorze jours je passe du bon temps sans soucis particuliers. J'avais oublié ce qu'était un énorme cargo et, le cap Leewin approchant, je traverse le rail maritime. Un, deux puis trois gros navires me rasent de près. N'ayant plus de mât, leurs échos radar ne me captent pas. Je lance à la radio un message : " pan, pan, pan, " (non pas un Mayday).

L'Australie toute entière suit les manœuvres d'entraînement antinucléaire de la Navy. Frégates lance-torpilles, sous-marins, avions de chasse et hélicoptères stoppent sur le champ toutes actions et volent à mon secours.
" Le Furieux " est pris en remorque jusqu'au large d'Albany où un remorqueur prend la relève.


 

 

       

 

Mardi 19 janvier 1993 23.00 heures. Après cent trente quatre jours de mer non-stop, " Le Furieux " est amarré au quai d'Albany. Sur le coup, je ne comprends pas ce qui se passe et pourquoi tous ces gens avec des caméras, des projecteurs, des micros et ces gars, façon journalistes qui me posent des tas de questions. Prévenus par les T.V. et les radios nationales et locales, cinq cent australiens m'accueillent en pleine nuit. Je raconte mon histoire à la T.V., à la radio, au journal, aux douanes, à la police, à l'officier de quarantaine, à l'ambassadeur de France, au correspondant de l'A.F.P. (demain toute la France sera au courant), aux passants et à l'aumônier local. A 04.00 heures, je m'écroule sur ma bannette.

 

 
       

 

Le changement de vie est brutal. S'ensuivent, dès le lendemain, de longues journées chargées : formalités administratives en tous genres, mondanités diverses et organisation des travaux de réparations. L'affaire ne paraît pas si simple, Albany se situe à plus de quatre cent kilomètres de Perth d'où vient tout le matériel nécessaire et le chantier naval local n'a pas l'habitude de ce genre de contrat. Quoiqu'il en soit, trois mois est le délai minimum. Pour éviter un départ en plein hiver austral, je vais attendre le printemps, début novembre 1993. De fait, l'escale " down under " se rallonge de six mois ce qui, après une déprime passagère, s'avère être une aubaine. Dans une petite bourgade calme comme Albany, la moindre nouvelle a vite fait le tour et en raison de mon arrivée en pleine nuit sous les feux des projecteurs mon carnet d'invitations est plein pour les semaines à venir. La découverte de ce pays immense et de ses habitants, toujours prêt à rendre service est un vrai plaisir. Je découvre les kangourous, les émus (sorte d'autruche). L'histoire des Aborigènes m'impressionne particulièrement. Encore un peuple qui n'a pas été épargné par la cupidité des colonisateurs venus de la Vieille Europe. L'un d'eux m'apprend à jouer du Didjeridoo, branche d'eucalyptus creusée par des termites et dans laquelle en soufflant dedans, on obtient une vibration très spéciale et envoûtante.

 

 

Merci à tous mes amis d'Albany, il est difficile de vous quitter, mais je dois rentrer à la maison.

 

Luke est un barman averti. De suite, il a compris l'intérêt de ma présence au Pub de la marina. Je sers d'excuse à nombre de copains qui font le détour pour me rendre un service éventuel ou pour m'informer d'un événement futile. La vieille de mon départ, Luke me confie que son chiffre d'affaire a subi une augmentation conséquente, dû à ma présence régulière à 18.00 heures au Pub du P.R.S.C. Luke a été généreux avec moi, merci mon ami et à toi aussi Ed.

 
       
 

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